Pas de médecin de famille pour 29% des Québécois

Pas moins de 29 pour cent des Québécois n’ont pas de médecin de famille, indique un sondage Décima mené pour le compte du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) et rendu public jeudi.

La situation au Québec est d’ailleurs plus inquiétante que dans l’ensemble du pays, puisque seulement 17 pour cent des Canadiens — soit cinq millions de personnes — se retrouvent sans médecin de famille.

Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a réagi en rappelant que le gouvernement avait annoncé qu’à compter du 1er décembre les médecins omnipraticiens ne seraient plus soumis à un plafond de rémunération, et pourront ainsi voir un plus grand nombre de patients.

Par ailleurs, pour accroître l’accessibilité aux soins, il a rappelé que son gouvernement avait considérablement augmenté le nombre d’admissions en faculté de médecine, qui est passé de 406, à la fin des années 90, à 780, cette année.

Dans un document de réflexion rendu public jeudi, le Conseil des médecins de famille trace un lien direct de cause à effet entre la pénurie actuelle de médecins de famille et le temps d’attente pour obtenir des soins de santé.

«Ce n’est pas normal dans un système de santé et un pays comme le nôtre que les gens n’aient pas accès à des soins de santé primaires rapidement», a soutenu en point de presse le Dr Bernard Lessard, porte-parole du CMFC et médecin de famille à Montréal.

Il fait valoir que cette question est fondamentale pour accélérer l’accès à un médecin spécialiste.

«Les gens qui ont un médecin de famille ont plus de facilité à avoir accès à un spécialiste», a-t-il dit, ajoutant que le système de santé était complexe et que le patient avait besoin de son médecin de famille pour s’y retrouver.

Le Dr Lessard a de plus jugé que la décision du gouvernement précédent de mettre à la retraite des milliers de médecins, il y a une dizaine d’années, avait contribué à aggraver la situation.

Il a estimé que le ministre Couillard avait fait «des efforts louables» pour régler le problème d’accessibilité au cours des trois dernières années.

Le sondage parrainé par le Collège des médecins de famille, organisme qui compte 18 000 membres à travers le pays, a été mené par téléphone auprès de 1019 Canadiens adultes entre le 14 et le 17 septembre dernier.

L’obligation faite aux médecins québécois de pratiquer un certain nombre d’heures en établissement et non exclusivement en cabinet privé a également été identifiée comme un facteur expliquant la difficulté à trouver un médecin de famille.

Sur ce point, le ministre Couillard a déclaré qu’il n’était cependant pas question pour l’instant de revoir cette décision, mais il s’est dit «prêt à en discuter».

Il a par ailleurs convenu que «le principal problème d’accès, au Québec, c’est d’avoir accès au médecin de famille».

Le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, a considéré de son côté que le gouvernement était à blâmer.

«Les libéraux nous ont promis de mettre fin à l’attente et de redonner de l’accessibilité au système de santé, pourtant plus de trois ans après, il y encore un tiers de la population québécoise laissé pour compte», a-t-il dit.

Le Collège des médecins de famille souhaite aussi que les gouvernements calculent le temps d’attente pour obtenir un soin à partir de la première visite chez l’omnipraticien.

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