Ottawa veut davantage d’immigrants non diplômés

Dans le but de s’attaquer aux problèmes de pénurie de main d’oeuvre, le ministre fédéral de l’Immigration, Monte Solberg, souhaite permettre à plus d’immigrants ne détenant pas de diplômes universitaires de s’installer au Canada.

«Le système a encore beaucoup de progrès à faire», a déclaré M. Solberg mardi, dans un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Il est loin d’être parfait, a-t-il ajouté. Il doit être beaucoup plus flexible afin de répondre aux besoins du marché du travail.»

À l’heure actuelle, le régime favorise les immigrants qui détiennent un diplôme d’études supérieures. Or, fait remarquer le ministre, le Canada a besoin de gens de métier et de manoeuvres. Ottawa entend donc faciliter leur admission comme travailleurs temporaires puis, si tout va bien, comme résidents permanents et citoyens canadiens.

«Nous sommes en concurrence avec les autres pays du monde et nous devons trouver une façon d’attirer les meilleurs, sans égard à leurs titres ou à leurs diplôme universitaires», a souligné M. Solberg.

Des changements législatifs, réglementaires et administratifs seront nécessaires pour modifier le système. Le ministre ne s’est toutefois pas fixé d’échéancier précis pour parvenir à ses fins.

Un flou semblable entoure la promesse que les conservateurs avaient faite, dans leur plate-forme électorale, d’appliquer strictement la Loi sur l’immigration afin de renvoyer promptement les personnes faisant l’objet d’ordonnances d’expulsion.

«Cela ne s’est pas produit à un rythme plus grand que sous le gouvernement précédent, a reconnu Monte Solberg. Mais nous essayons très fort de cibler les gens qui sont des criminels et qui posent un danger au public.»

En avril 2003, la vérificatrice générale, Sheila Fraser, révélait qu’Ottawa avait perdu la trace de quelque 36 000 personnes faisant l’objet d’ordonnances d’expulsion.

Rapport annuel

Le ministre Solberg a par ailleurs déposé au Parlement, mardi, son rapport annuel sur l’immigration. En 2005, le Canada a accueilli 262 236 nouveaux résidents permanents, soit davantage que les prévisions gouvernementales, qui oscillaient entre 220 000 et 245 000.

En 2006, le gouvernement fédéral s’attend à ce que le nombre tourne autour de 255 000. Pour 2007, Ottawa s’est fixé comme objectif l’admission d’entre 240 000 et 265 000 nouveaux arrivants. Québec, dans son propre plan, aussi dévoilé mardi, espère accueillir quelque 48 000 immigrants en 2007. En 2006, Québec prévoit avoir reçu environ 45 000 nouveaux résidents, soit légèrement moins qu’escompté.

Le nombre de réfugiés devrait connaître une baisse marquée en 2007: Ottawa s’attend à en accueillir un maximum de 30 800, alors que 40 300 sont susceptibles d’être admis en 2006.

Pour expliquer ce changement, le gouvernement invoque plusieurs facteurs, dont la baisse du nombre de réfugiés dans le monde. Le ministre Solberg a néanmoins admis qu’un récent accord de réciprocité conclu avec les États-Unis avait réduit le nombre de demandes.

«Les gens ne peuvent plus magasiner leur pays d’asile», a-t-il laissé tomber.

Même fermeté au sujet des réfugiés qui trouvent asile dans des institutions religieuses et des quelque 200 000 travailleurs qui vivent illégalement au pays.

«Les gens devraient respecter les règles, a soutenu Monte Solberg. Il y a 800 000 personnes qui essaient d’entrer au pays par des voies légales. Laissons d’abord entrer ces gens.»

Le ministre a tout de même précisé que son projet d’admettre davantage de manoeuvres et de gens de métier pourrait régler une partie du problème des sans-papiers.

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